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"Les yeux des autres s'illusionnent-ils ou sont-ce nos coeurs qui restent sourds et aveugles ?" [Kang Ji-Ahn / Baek Chin-Hae]

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MessageSujet: "Les yeux des autres s'illusionnent-ils ou sont-ce nos coeurs qui restent sourds et aveugles ?" [Kang Ji-Ahn / Baek Chin-Hae] Mar 29 Déc - 13:37

L’effervescence de l’avent s’étaient quelques peu estompées au sein du RPB Mall. Les vendeurs, serveurs, managers et autres respiraient enfin un peu avant d’entamer les préparatifs des soldes de la mi-janvier communes aux grands centre commerciaux de Hanguk, comme les coréens nomment leur pays baptisé Corée du Sud par les occidentaux. Le RBP Mall n’en était pas pour autant désert en cette heure de l’après-midi, loin de là. Les jeunes, collégiens, lycéens et étudiants profitaient de leurs vacances pour venir flâner, manger un encas entre amis avant d’aller voir au cinéma le dernier Star Wars sorti récemment ou les dernières productions asiatiques diffusées sur grand écran. Certains venaient dépasser leurs chèques cadeaux reçus à l’occasion des fêtes, d’autres achetés des présents pour les proches qu’ils n’ont pas vu à Noël mais s’apprêtent à retrouver pour célébrer la nouvelle année. Enfin, un nombre non-négligeable d’individus venaient également échangés les cadeaux qu’ils avaient reçu contre quelque chose qui leur plaisait plus. La loi de la consommation a pris le pas sur les valeurs de l’intention. Mais ce ne sont pas les commerçants du RBP Mall, temple de la consommation et du capitalisme sur le modèle à l’américaine, qui vous diront le contraire.

Dans le parking souterrain, une élégante berline sombre mais sans luxe tapageur se gara. Baek Kang Dae, PDG de la chaîne de parfumerie et cosmétique Hana Yon,descendit de la place chauffeur. Il vit le tour du véhicule pour ouvrir la portière à une jeune femme d’environ vingt-cinq à la peau de porcelaine. Une à une, ses longues jambes fines apparurent en-dehors du véhicule, puis la très distinguée jeune avocate Kang Ji-Ahn se redressa, vêtue de son tailleur bleu foncé. La portière refermée derrière elle, le soixantenaire l’invita à le suivre jusqu’à l’ascenseur qui les mènerait au sein du grand centre commercial depuis cet étage du parking souterrain exclusivement réservé aux personnels parmi les plus importants du RBPM.

Baek Kang Dae était un homme qui avait réussi en affaire en faisant prospérer sa petite boutique de parfum jusqu’à créer sa propre chaîne. Il n’en roulait pas pour autant sur l’or. D’une part,  d’extraction sociale moyenne et d’une nature plutôt avare, Baek Kang Dae ne voyait aucune utilité à investir dans une voiture hors de prix avec chauffeur juste pour les apparences. Il privilégiait davantage de reverser ses propres bénéfices au maximum dans sa société. D’autre part, en ces temps difficiles même les marques confirmées ne pouvaient être certaines de continuer à surfer indéfiniment sur la vague du succès. Hana Yon devait sans cesse innové et redoubler d’inventivité pour se démarquer, attirer la clientèle. Ce défi, la société l’avait toujours relevé avec fierté jusqu’à présent, mais sa notoriété ne la rendait que d’autant plus vulnérable aux envies de ses plus gros concurrents qui souhaitaient l’annexer à leurs multinationales. Et Hana Yon prévoyait justement de s’attaquer au marché asiatique au-delà des frontières de Hanguk. Pour éviter de se faire avaler par de plus gros poissons avides de profits, la société devait faire preuve de prudence et se prémunir d’une bonne défense auprès d’avocats efficaces.

Telle était la raison de la présence de ces deux-là désormais dans l’ascenseur où l’homme d’un tempérament peu chaleureux savait néanmoins faire preuve de courtoisie et entretenait une conversation aimable avec son interlocutrice. Ils sortaient d’un entretien au siège social de la société Hana Yon sur la demande de Kang Ji-Ahn. La jeune avocate avait déjà travaillé pour H.Y. auparavant mais au sein du cabinet d’avocats qu’elle avait désormais quitté pour s’implanter de manière indépendante. Beak Kang Dae admirait le potentiel et les ambitions de cette jeune femme. Il avait donc naturellement accepté de s’entretenir avec elle, se doutant pertinemment dans la raison, à savoir fidéliser Hana Yon à son cabinet privé. S’il avait beaucoup de respect pour Kang Ji-Ahn, l’homme ne lui avait néanmoins pas caché ces quelques appréhensions. L’avenir de sa société pouvait en dépendre s’il venait à entrer dans une procédure en justice. Sans formuler ni de refus catégorique, ni une réponse positive, il lui avait promis de prendre le temps d’y réfléchir sérieusement. Puis, afin d’alléger un peu le côté formel de leur entrevue, comme il lui avait demandé de lui réserver toute sa fin de journée en acceptant l’entretien, Baek Kang Dae avait proposé à la jeune avocate de visiter l’une de ses boutiques. C’était une habitude chez le PDG chaque fois qu’il traitait avec des partenaires. En temps normal, il choisissait toujours de leur présenter la toute première boutique Hana Yon, mais il se souvenait que l’avocate en avait déjà fait la visite par le passé avec l’un de ses anciens collègues. Son choix se reporta donc sur le second fleuron de la société, et pas des moindres : la boutique du RBP Mall !

Cette décision s’imposait d’autant plus pour plusieurs raisons. Il s’agissait désormais de la plus grande boutique de la chaîne en terme de superficie, mais aussi de chiffre d’affaire. Ce commerce représentait le plus gros investissement effectué par la société et cet élément clé avait été confié aux mains de son petit-fils Baek Chin-Hae ! Et ce nom représentait l’ultime raison pour laquelle, son grand-père tenait tout particulièrement à monter précisément cette boutique à la jeune avocate, célibataire qui a 26ans devait commencer à se préoccuper de son mariage…

Les portes de l’ascenseur finirent par s’ouvrir sur le rez-de-chaussé du centre commercial. Baek Kang Dae laissa à son accompagnatrice l’honneur de descendre la première, puis il la guida à l’intérieur du vaste bâtiment. Leurs pas ne tardèrent pas à les conduire sur la place principale sous la coupole du RBP Mall. Ils prirent l’Escalator vers l’étage supérieur ouvert sur la grande place.

« Vous êtes certainement déjà venue, mais comme vous pouvez le constater, notre boutique dispose d’un emplacement de choix, presque royal. »

En effet, lorsque l’escalator se rapprochait de son terme, la première chose qui sautait aux yeux de tous les clients potentiels étaient l’enseigne lumineuse Hana Yon au-dessus d’une vitrine à la devanture raffinée qui reflétait à merveille la gamme des parfums et cosmétiques dont la chaine se targuait.

« Les chiffres de ces derniers mois sont extrêmement favorables. Décembre aura de loin dépasser nos espérances et je dois reconnaître que mon petit-fils n’y est pas étranger, » se félicita-t-il humblement.

Lorsqu’ils pénétrèrent à l’intérieur du magasin où planait une délicieuse musique d’ambiance apaisante, comme si la boutique se transformait en petite alcôve paradisiaque au milieu de l’enfer du centre commercial les jours de forte affluence, les vendeuses postées à l’entrée s’inclinèrent pour les saluer. Promptement, le responsable des ventes vint se présenter au-devant du grand patron qui salua respectueusement ainsi que la jeune femme qui l’accompagnait.

« Président Baek, nous n’attendions pas votre visite, » s’excusa le salarié.

Son supérieur lui fit signe de s’apaiser.

« Je ne me suis pas annoncé, mais j’ai souhaité montrer notre boutique au jeune maitre Kang, présenta-t-il l’avocate. Comment vont les affaires ?
– Très bien, Monsieur ! Nous avons beaucoup de visites de clientes qui ont reçu des cadeaux de notre gamme pour Noël, surtout les parfums…
– Des demandes d’échanges ?
demanda le patron en fronçant légèrement les sourcils. Où est Chin-Hae ?
– Non, Monsieur, tout au contraire !
lui assura son interlocuteur. Le jeune Monsieur Baek est justement là-bas, avec des clientes. Elles font toutes un passage par notre magasin pour exprimer leur satisfaction quant aux conseils prodigués à leurs compagnons pour le choix du parfum ! »


En effet, à l’autre bout de la boutique, dans les rayonnages de parfums féminins, le jeune directeur de cette enseigne vêtu de son élégant costume bleu marine saillant si bien à sa silhouette était entouré de plusieurs clientes. Une adolescente se tenait face à lui tandis que les autres attendaient leur tour :

« Monsieur, j’adore le parfum que vous avez conseillé à mon petit ami ! Franchement, quand j’ai vu le paquet, je m’imaginais déjà en train de le rapporter pour échanger. Vous comprenez, c’est un garçon génial mais il n’a vraiment aucun goût et ne comprend pas grand chose à ce que les filles aiment. Remarquez, ça m’arrange bien, comme ça, aucune ne cherche à me le piquer, mais bon… 
– Je suis flatté par vos remerciements,
se permit poliment Chin-Hae de l’interrompre pressentant que la demoiselle pouvait être bien bavarde et constatant que d’autres dames patientaient à sa suite.  Mais, je n’ai fait que mon métier, il est normal que je sois là pour prodiguer des conseils qui feront tout autant plaisir à la personne qui offre qu’à celle qui reçoit. »

Les yeux de ses auditrices s’illuminèrent d’étoiles. En apparence, Baek Chin-Hae avait toutes les qualités d’un véritable gentleman. Sans doute était-ce en partie pour cela qu’il incarnait l’un des sujets de prédilections des commères du RBP Mall quelque que soit le poste qu’elles occupaient.

Après avoir monté, sa main devant sa bouche, la lycéenne s’excusa d’être une telle pipelette, les joues légèrement empourprées, puis le remercia une dernière fois. Avant de céder sa place à une autre cliente, l’adolescente manifesta son souhait d’acheter un nouveau mascara. Chin-Hae fit appel à l’une de ses collègues plus experte que lui en matière de maquillage pour l’accompagner dans le rayon adéquat et la conseiller. Le jeune homme se tourna ensuite vers les autres clientes, plutôt âgée de trente à quarante-cinq mais pas insensible non plus à ses manières si courtoises.

« Mesdames, que puis-je pour vous ? »

Trois d’entre elles se mirent alors à parler en même temps. Toutes exprimant la même gratitude. Jamais leur mari n’était parvenu à leur offrir des parfums leur plaisant autant. Un véritable sans-faute !

« Vous savez, Mesdames, tout le mérite en revient à vos maris, leur répondit-il avec une modestie distinguée. Je n’ai fait que les conseiller selon les portraits qu’ils m’ont dressé de vos personnalités. Ce sont eux qui vous connaissent si bien. »

Lorsque les clientes cessèrent enfin de défiler les unes après les autres pour lui exprimer leur gratitude, que la dernière prit congé, Chin-Hae poussa un discret soupir de soulagement. Il jeta un regard vers l’une de ses collègues qui lui sourit non sans une certaine once de malice. C’était elle qui vendait la mèche en indiquant à ces dames qu’il était l’expert en conseil question parfum. Puis, il vit le visage de sa collègue recouvrait prestement son sérieux avec une sorte d’appréhension.

« Chin-Hae ! » entendit-il alors la voix de son grand-père dans son dos.

Le jeune homme sursauta légèrement avant se retourner, sincèrement surpris :

« Grand-père ? Vous…, s’interrompit-il à la vue de la femme qui accompagnait Kang Dae. Maître Kang, s’inclina-t-il alors de la tête. Comment allez-vous ? »

Chin-Hae se redressa ensuite, l’éclat naturellement expressif de son regard ne pouvant masquer son étonnement. L’avocate et lui se connaissaient avant même que Kang Ji-Ahn n’intègre le cabinet d’avocat rattaché à la société Hana Yon. Ils avaient fréquenté la même université, mais dans des filières différentes, et la jeune femme s’avérait également être son aînée de deux ans. Néanmoins, quelques uns de leurs camarades de promotions respectives semblaient les avoir jugés assortis et leur avaient alors organisé un rendez-vous à leur insu. Chin-Hae en conservait le souvenir d’un certain malaise, vraisemblablement réciproquement, même s’ils avaient finalement réussir à passer un moment agréable, conversant en toute simplicité. L’alchimie prédite par leurs entremetteurs n’avait cependant pas opéré, et les deux étudiants ne se lièrent guère davantage d’amitié par la suite. Seule, une vague relation professionnelle s’était installée entre eux avec leur entrée dans la vie active.

« Que puis-je faire pour vous ? » demanda-t-il à ses interlocuteurs.
`
Son grand-père lui expliqua alors avoir eu un entretien avec la jeune avocate puis avoir souhaité lui présenter la nouvelle boutique phare de Hana Yon. Puis, le soixantenaire en vint à ce qu’ils avaient derrière la tête en amenant la jeune femme jusqu’ici.

« Vous vous êtes connu à la Young-Nae University, n’est-ce pas ? Chin-Hae, que dirais-tu de présenter quelques uns de nos produits à la jeune maitre Kang. Les goûts d’une jeune femme aussi raffinée sont toujours intéressants à connaître. »

Un soupçon déconcerté, Chin-Hae n’en laissa guère rien paraître et obtempéra, mais son aïeul ajouta aussitôt :

« Et si vous en profitiez un peu ensuite pour vous détendre ? Maitre Kang doit avoir besoin de décompresser un peu avec toute la pression de s’établir dans un cabinet indépendant. Quant à toi, mon petit-fils avec tes excellents résultats ces derniers mois, tu mérites bien un peu de répit. Emmène donc Maitre Kang boire quelque chose quand vous aurez fini le tour de la boutique. Oh ! Et j’ai deux places de cinéma offertes, je suis trop vieux pour y inviter Mademoiselle, ce serait indécent, je te les confie donc, » imposa-t-il les billets dans la main de son petit-fils.

Celui-ci ne sut que répondre. Il était embarrassé, mais ne se sentait pas non plus de contrarier son grand-père si déterminer à les envoyer passer un peu de temps ensemble. Il ouvrit la bouche au moment où Kang Dae renchérit :

« J’espère que vous n’allez pas refuser ? Cela me ferait tellement plaisir, Maitre Kang. »

Ce vieux renard savait parfaitement comme faire de ses interlocuteurs ses obligés. Et puis, comment pouvait-on se permettre de contrarier ses aînés dans cette société, n’est-ce pas ?

Vaincu avant même d’avoir combattu, Chin-Hae invita poliment la jolie Ji-Ahn à le suivre afin qu’il lui présente quelques produits de la boutique si elle l’acceptait.
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MessageSujet: Re: "Les yeux des autres s'illusionnent-ils ou sont-ce nos coeurs qui restent sourds et aveugles ?" [Kang Ji-Ahn / Baek Chin-Hae] Mer 30 Déc - 23:31

Confortablement installée dans la sombre berline capitonné de Baek Kang Dae, Kang Ji-Ahn, jeune avocate nouvellement indépendante, se laissait conduire par le PDG de la fameuse chaine de cosmétique et parfumerie Hana Yon, jusqu’au RBP Mall. Depuis qu’ils avaient quitté le siège de la société, leur conversation s’était faite moins sérieuse, et s’était éloignée du but premier de la visite de la jeune femme : celle de conserver comme l’un des clients de son nouveau cabinet le groupe Hana Yon. Si le sexagénaire ne lui avait pas encore donné de réponse, cela n’empêchait pas la belle avocate de lui être reconnaissante d’avoir accepté de la recevoir, d’autant que son caractère assez revêche était plutôt connu parmi ceux qui avait déjà travaillé avec lui. En effet, malgré les nombreuses affaires auxquelles elle avait participé, dont certaines pour le moins complexes et risqués, Ji-Ahn restait cependant assez jeune, et était d’ailleurs la première à dire qu’elle manquait d’expérience. Mais par dessus tout, elle était une femme. Et bien que le monde du droit ne soit pas un milieu sexiste à proprement parler, celui des affaires l’était clairement plus.
Cette pensée fit apparaître un léger sourire désabusé sur les lèvres fines de la brune, d’une certaine manière, son propre grand père en était le meilleur exemple. Et si cela avait tendance à l’agacer profondément, elle avait apprit à voir, peut être à tord, dans cette partie du caractère de son grand-père, une forme de gentillesse, et un moyen de la protéger.


L’automobile laquée de noire traversa encore quelques grands axes avant de s’engager dans le parking souterrain du plus grand centre commercial de Séoul. Si la jeune aristocrate était loin d’être une addicte de shopping, ou une acheteuse compulsive, les enseignes de ce lieu étaient loin de lui être inconnues. Le RBP Mall était dans la capitale, un point de rendez vous incontournable pour tout les types de personnes, tout sexe, tout âges, et toutes classes sociales confondues, et Kang Ji-Ahn devait avouer que le spectacle de toutes ces personnes simplement réunies dans cette sorte de bulle au milieu de Gangnam avait quelque chose d’inexplicablement apaisant. Etrange que ce soit un symbole de la société de consommation, qui lui prouve que l’argent n’avait pas encore complètement séparé les hommes.
À titre plus personnel, le RBP Mall permettait surtout à la jeune femme de retrouver nombres de magasins haut gamme dans un même lieux, dont certaines grandes enseignes occidentales, et notamment des magasins proposant des articles d’un pure style français qu’elle avait apprit à aimé lors de ses études à l’étranger. Sobre, mais élégant qui lui correspondait parfaitement.

Le parfumeur se gara sur l’une des places réservées aux membres importants du personnel de ce grand magasin, et sorti avant de venir poliment ouvrir la porte à la jeune femme, qui émergea à son tour de la voiture en le remerciant d’un sourire. Elle appréciait sa courtoisie, c’était à ses yeux, des valeurs qui se perdaient ! Et tant pis si ce genre de pensées lui donnait un air de vielle femme !
Ce n’était pas tant qu’on prenne soin d’elle, ou d’avoir à faire à un gentleman qui lui plaisait, c’était au contraire la vulgarité dont faisait preuve certains, en particulier lorsqu’ils s’adressaient aux femmes…
Elle soupira intérieurement, sans pouvoir empêcher un discret sourire de venir étirer ses fossettes : quoiqu’on en dise, elle avait vraiment un côté un peu vieux jeu… bien qu’on ne puisse pas non plus dire que son éducation y était étrangère !

Cet étrange couple se dirigea vers l’ascenseur, et continua vers le grand escalator tout en poursuivant leur aimable discussion. Quel en était le sujet ? Rien de remarquable, ni d’extraordinaire qui ne mérite d’être rapporté ici, mis à part une charmante introduction de la visite promise : celle de la boutique Hana Yon.
L’avocate avait déjà eu l’honneur d’en visite une autre quelques années auparavant, lorsqu’elle s’était également présenté à Baek Kang Dae en compagnie des collègues du cabinet où elle travaillait jusque quelques semaines plus tôt, et bien que ses connaissances en matière de gestion de personnel, et de commerce ne soient pas aussi développées qu’elle le voudrait, nulle ne pouvait dire que la boutique, ainsi que tout la filière n’était dirigée par une main de maitre… Maitre qui n’était autre que le brillant parfumeur qui lui présentait à présent, non sans fierté, la prometteuse et élégante devanture de sa boutique.

Bien qu’elle ne soit pas crédule et sans défense face aux promesses de la publicité, et des multiples détails qui se révélaient d’une importance capitale dans le processus commercial, Ji-Ahn devait avouer que la vision de la boutique lorsqu’on arrivait de l’escalator avait quelque chose de grandiose, et à cela s’ajoutait les délicates effluves qui émanaient du magasin, qui finissait d’attirer l’attention de tout les passants. C’était ces mêmes effluves qui l’avaient plusieurs fois attirées dans les différentes boutiques de la société, en grande partie lorsqu’elle cherchait des présents à offrir à ses tantes lorsqu’elle allait les voir au japon, environ une fois par an. Ji-Ahn était ainsi presque sûre de faire l’unanimité ! Hana Yon était également assez connu au Japon, et si ce n’était pas –encore ?-une grande multinationale, ses parfums, tels quel, ou via les cosmétiques, étaient uniques.
Ainsi, la forte augmentation des recettes ne l’étonnait guère ! La filière était loin de manquer de potentiel, et se démarquait depuis des années par son inventivité. Que le quasi légendaire major de promotion Baek Chin-Hea, dont tous les étudiants de la Young-Nae University, ancien comme nouveaux, avaient entendu parler soit le petit fils d’un homme aussi déterminé et brillant que Baek Kang Dae ne la surprenait pas vraiment.

Maitre Kang suivit son hôte à travers la boutique, inclinant avec un sourire afin de saluer le responsable des ventes qui venait de les rejoindre, et suivit la conversation qui s’ensuivit avec un intérêt non feint. Plus que de la curiosité, c’était également sa conscience professionnelle qui reprenait le dessus : bien qu’elle ne soit pas capable de dire quelle serait la décision du Président du groupe, elle était de ceux qui aiment aller sur le terrain afin de vérifier leurs informations, et surtout de se faire une idée objective de la situation de leur client, afin de pouvoir leur être le plus utile possible.

Ainsi attentive à la conversation, c’est naturellement que son regard sombre glissa vers la silhouette du « jeune Monsieur Baek » comme l’employé venait de l’appeler. Bien qu’ils aient deux années de différences, et qu’ils n’aient pas étudiés dans les mêmes filières, Kang Ji-Ahn et Baek Chin-Hae se connaissaient cependant, bien que ce soit très superficiel. Quelques années plus tôt, leurs camarades respectifs avaient tentés de jouer les marieurs, et si ils avaient réussi à se tirer de cette étrange situation avec amabilité, ils n’en étaient pas devenus proches pour autant, mais ils se saluaient toujours avec plaisir lorsqu’ils venaient à se croiser.
Celui-ci avait l’air d’être occupé. Entouré de femmes de tout âge, il recevait avec politesse et modestie leurs remerciements… de remerciement seulement ? A voir les joues légèrement rouges de l’une des adolescentes, et les regards des autres dames l’entourant, les parfums n’étaient pas vraiment la seule chose qui plaisait aux visiteuses de boutique. Plus que les chiffres, c’était bien cette scène qui illustrait le mieux pour Maitre Kang la réussite d’Hana Yon pour le mois de décembre.


Lorsque le jeune homme eu enfin réussit à disperser les clientes venues faire part de leur gratitude, Chin-Hae fut interpelé par son grand père, et se retourna finalement vers eux. La jeune femme ne pu empêcher ses lèvres de s’étirer en un sourire face à la surprise qu’on pouvait voir sur le visage du jeune manager.

« Très bien, répondit la jeune femme en lui rendant son salut. Et vous ? J’ai cru comprendre que vous avez eu beaucoup de travail avec les fêtes. »

Le Président Baek embraya rapidement sur le but de sa visite, et ce fut au tour de la belle avocate d’afficher une légère expression de surprise. Si elle ne doutait pas des qualités de son ancien cadet, elle ne s’attendait cependant pas à ce que ce soit lui qui lui présente la boutique. D’autant plus que c’était le PDG lui même qui s’en était chargé la dernière fois, et que ce dernier n’avait rien dit qui puisse lui laisser penser le contraire !
Mais ce dernier n’en avait pas fini, et continua rapidement, annonçant la suite de son programme :

« Et si vous en profitiez un peu ensuite pour vous détendre ? Maitre Kang doit avoir besoin de décompresser un peu avec toute la pression de s’établir dans un cabinet indépendant. Quant à toi, mon petit-fils avec tes excellents résultats ces derniers mois, tu mérites bien un peu de répit. Emmène donc Maitre Kang boire quelque chose quand vous aurez fini le tour de la boutique. Oh ! Et j’ai deux places de cinéma offertes, je suis trop vieux pour y inviter Mademoiselle, ce serait indécent, je te les confie donc, »

La demoiselle ne pouvait plus cacher sa surprise. Certes, l’ouverture de son nouveau cabinet lui demandait par mal de temps, mais c’était le prix à payer pour se mettre à son compte, et pouvoir travailler selon ses propres méthodes. Le vieux futé avait cette idée derrière la tête depuis le début ? La jeune femme comprenait à présent la raison qui avait poussé son potentiel futur employeur à lui réserver sa fin de journée.
Elle lança un coup d’œil vers son ancien camarade, et fut un peu rassurée de le voir aussi embarrassé qu’elle. Cela lui donna néanmoins le courage d’essayer de refuser poliment l’invitation pourtant charmante de Baek Kang Dae.
Il ne lui en laissa pas le temps, se tournant vers elle, il ajouta :

« J’espère que vous n’allez pas refuser ? Cela me ferait tellement plaisir, Maitre Kang. »

Piégée. Au delà de l’envie d’obtenir un contrat avec le groupe Hana Yon, refuser à présent reviendrait en enfreindre les règles sociales et de savoir vivre les plus élémentaires qu’elle avait acquis dans son plus jeune âge, ce qui ne manquerait pas de faire se retourner ses honorables ancêtres dans leur tombe.

« Je suis vraiment flattée par votre proposition Président, le remercia-t-elle, en s’inclinant légèrement devant lui, avant de se tourner vers son petit fils, et de faire de même. Ainsi, si ça ne vous dérange pas, Monsieur Baek, je m’en remets à vous. »

Laissant derrière elle le propriétaire de la boutique, après l’avoir une nouvelle fois remercier et saluer, Ji-Ahn emboita le pas au charmant manager, laissant son regard obsidienne parcourir les rayons, ainsi que les produits présentés qu’ils contenaient avec un éclat appréciateur, cependant désolée de prendre sur le temps de Chin-Hae.



Kank Ji-Ahn


Je voudrais retourner le temps,
Que le Passé soit Présent,
Tout simplement être une enfant...
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MessageSujet: Re: "Les yeux des autres s'illusionnent-ils ou sont-ce nos coeurs qui restent sourds et aveugles ?" [Kang Ji-Ahn / Baek Chin-Hae] Dim 10 Jan - 15:23

Ah ! Ces vieux rusés ! Son grand-père avait su faire de Chin-Hae et de la charmante avocate ses obligées. Le sexagénaire avait dû préparer son coup bien à l’avance et s’était bien gardée de prévenir quiconque à la boutique de cette visite impromptue. Sans doute avait-il redouté que son petit-fils ne voit clair dans son jeu et trouve un moyen d’esquisser ce piège.


Oh, la compagnie de Kang Ji-Ahn ne le dérangeait pas ! Pas le moins du monde ! Au contraire même, il appréciait sa conversation cultivée et distinguée. Mais assurément, les deux jeunes gens ne pouvaient être que quelque peu embarrassés par une telle situation. Si Chin-Hae ne doutait pas de ce que son grand-père pouvait avoir en tête, la pauvre avocate devait être plus désemparée. Et puis, une telle manigance s’avérait d’autant plus gênante que l’ambition et l’audace du Président Baek semblait l’aveugler. Quand bien même il rêverait d’un mariage bénéfique pour son petit-fils prodige, la famille de Kang Ji-Ahn évoluait dans une sphère de la société bien plus élevée que les Baek. Certes la fille de Baek Kang Dae avait épousé un riche singapourien – mariage qui se solda néanmoins par un divorce quelques années plus tard –, mais les miracles ne se produisent pas deux fois. Et puis, Chin-Hae était à mille lieues de penser « couple et union ».

Parler mariage peut certainement paraître exagéré, une extrapolation démesurée, mais ne vous y trompez pas ! Les moeurs des aînées étaient encore ainsi dans la plupart des familles sud-coréennes. C’était à peine si vos doigts s’effleuraient que vos familles vous demandaient déjà si vous envisagiez le mariage ! Et l’écart entre les générations se creusaient de plus en plus avec le développement et l’ouverture du pays vers l’occident.

Pour en revenir à l’instant présent, Baek Chin-Hae fut néanmoins soulagé que son grand-père prennent congé bien qu’ils les abandonnaient à ce qui ressemblaient cruellement à un rendez-vous arrangé. Comme l’avocate accepta de s’en remettre à lui, le manager lui fit signe de l’accompagner avec un sourire charmant de vendeur sachant séduire subtilement sa clientèle. Lorsqu’ils furent suffisamment éloignés du Président Baek, le petit-fils de ce dernier intima discrètement à la jeune femme :

« Je vous prie de m’excuser, je suis tout autant surpris que vous. Permettez-moi néanmoins de vous proposer quelques produits avant de vous inviter boire un café. »

D’un naturel commercial, l’embarras de Chin-Hae transparaissait à peine à l’intonation de sa voix sereine et assurée.

Tout en longeant quelques rayonnages, le manager présentait de manière assez superficielle les différentes marques et gammes de cosmétiques vendues dans la boutique. Il ne s’éternisait pas trop afin d’épargner à Kang Ji-Ahn l’ennui et l’impression d’être une cliente à laquelle on chercherait à faire ouvrir le porte-monnaie. Les deux vendeuses inoccupées à la caisse ne manquèrent d’échanger quelques messes basses. Qui était cette femme à la beauté si délicate ? Serait-ce la petite amie du Manager Baek ? Le Président avait-il orchestré un rendez-vous arrangé entre eux ? N’empêche, cette femme était foutrement jolie ! Quelle chance de flirter avec le charmant Manager ! Des gloussements plus salaces leurs échappèrent ensuite. Une de leur collègue chargée de ranger les rayonnages vint s’inviter dans leur conversation. Les deux autres coincées à la caisse l’envoyèrent ensuite en mission d’espionnage pour écouter et leur rapporter ce que les deux tourtereaux se disaient.

Pendant ce temps là, Chin-Hae remarqua que Kang Ji-Ahn venait de marquer un léger temps d’arrêt devant une présentation de crèmes et divers soins pour la peau. Alors qu’elle semblait s’apprêter à continuer à le suivre sans s’attarder d’avantage, l’homme ne put s’empêcher de lui prodiguer quelques conseils :

« C’est une excellente marque, lui confirma-t-il. Les produits phares sont principalement adressés à une clientèle ayant passé la trentaine et qui cherche à lutter contre les marques du temps. Leur popularité a presque triplé depuis que la mannequin Chang XiuLan, pourtant à la retraite à accepter de devenir l’égérie de cette gamme à son retour en Corée. »

Chin-Hae désigna le poster publicitaire qui surplombait le présentoir sur lequel figurait l’ancienne reine de beauté chinoise âgée de plus d’une quarantaine d’années, d’autant plus célèbre dans le pays pour être l’épouse du Premier Ministre, et dont la peau parfaite avait fait fureur dans les publicités pour cosmétique à l’époque où elle exerçait encore la profession de mannequin.

 « Il y a également d’autres gammes, continua-t-il sa présentation, en effectuant deux pas un peu plus loin. La marque envisage de développer ses produits destinés à la clientèle masculine. Les rumeurs de « coulisses » prétendent qu’ils essaieraient d’obtenir les droits de figuration du fils de Chang XiuLan ou à défaut, bataillent pour signer un contrat avec Yukimura Kaito. »

Il montra ensuite une autre étagère à hauteur des yeux :

« Celles-ci visent une clientèle plus jeune, et si je puis me permettre… »

L’homme se saisit de l’un des produits dans son emballage.

« Je pense que cette crème de soin est la plus recommandée pour une peau aussi délicate que la vôtre. »

Il la lui tendit alors, avec un sourire et ajouta :

« Vous feriez extrêmement plaisir à mon grand-père en acceptant quelques uns de nos produits offerts. D’ailleurs… »

Chin-Hae l’invita à nouveau à le suivre pour s’arrêter cette fois-ci devant un rayon de rouge à lèvres. En voyant Kang Ji-Ahn, il ne pouvait s’empêcher de vouloir lui proposer quelques rouge à lèvres dont la couleur se détacheraient harmonieusement de la pâleur de sa peau.

 « Nous avons reçu une collection limité de cette marque à l’occasion des fêtes. Le premier stock est parti tellement vite que nous avons dû en recommander avant que les fournisseurs eux-même ne soient en rupture. »

Accoutumé à mettre la beauté des femmes en valeur, Chin-Hae prodigua très naturellement quelques conseils à la jeune avocate, tandis que la vendeuse en mission les suivait discrètement feignant de vérifier que tout soit parfaitement bien en place dans les rayons. Le jeune homme prit ensuite un bâton de rouge à lèvres entre ses doigts.

« Je suis certain que cette couleur vous irait à merveille. »

Il ôta le capuchon et fit tourner le bâton de manière à le remonter. Puis il demanda la permission à Kang Ji-Ahn avant de venir déposer avec délicatesse et précaution le rouge sur ses lèvres. L’espionne se tétanisa stupéfaite et les yeux écarquillés ! Trop de distinction et de sensualité chez leur cher manager ! Se redressant après s’être penché vers le visage de l’avocate pour appliquer la couleur sur sa bouche, Chin-Hae se tourna sans le moindre sentiment de gêne ou d’ambiguité vers la vendeuse qui restait bouche bée.

« Oh Ha Ni, peux-tu apporter un miroir à Maitre Kang pour qu’elle puisse se voir, s’il te plaît ? »

La vendeuse déglutit avant de se ressaisir et s’exécuter promptement. Elle apporta le miroir et le tint le temps qu’il fallut à l’avocate pour s’admirer.

« Si cette couleur vous plaît, vous pouvez le garder, lui proposa-t-il. Et pour ma part, je vous trouve très belle avec. »


À la suite de ce petit moment qui restera assurément gravé longtemps dans la mémoire des vendeuses qui en furent témoins, Chin-Hae s’apprêta à suggérer de quitter la boutique, comme son grand-père les avait incités à faire précédemment lorsqu’une idée lui vint à l’esprit. Il emmena alors l’avocate dans l’arrière boutique où il lui expliqua :

 « Vous me feriez un grand plaisir si vous acceptiez de me donner votre avis sur un parfum. »

D’un petit carton séparé du reste du stock, le jeune homme sortit une boite élégante contenant un flacon de parfum au design raffiné et encore inédit. Ce ne fut cependant pas celui-ci qu’il prit pour demander à l’avocate si elle lui permettait d’asperger d’un spray l’intérieur de son poignet. Le contenu était exactement le même, seul le contenant changeait, le second étant d’une extrême simplicité :

 « Ce parfum n’est pas encore commercialisé et il n’en existe que ces deux exemplaires. C’est une création que j’ai réalisée avec… »

Il se corrigea juste à temps avant d’évoquer son frère aîné handicapé dont son grand-père n’avait certainement jamais fait mention devant l’avocate.

 « Avec un Nez de grand talent, dans l’intention d’offrir un parfum unique à ma cousine pour son anniversaire. Liwei et moi n’avons pas vraiment les mêmes valeurs et critères en matière de raffinement, mais une jeune femme de bonne famille comme vous serait certainement plus à même de porter un jugement proche du sien. »

Chin-Hae écouta ensuite attentivement l’avis de Kang Ji-Ahn, s’excusa ensuite de l’importuner avec une telle requête et l’invita alors à quitter la boutique Hana Yon pour se détendre en savourant une boisson chaude dans l’un des élégants cafés du RBP Mall.
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MessageSujet: Re: "Les yeux des autres s'illusionnent-ils ou sont-ce nos coeurs qui restent sourds et aveugles ?" [Kang Ji-Ahn / Baek Chin-Hae] Sam 23 Jan - 19:51

Ayant emboité le pas du jeune et charmant manager, après avoir prit congé du président Baek, Kang Ji-Ahn laissa pour la première fois son regard obsidienne détailler précisément les lieux, jetant un coup d’œil d’un côté à chaque pas. Une décoration sobre,  mais élégante, assez représentative de la manière dont elle se représentait le parfumeur, et surtout, sans luxe tapageur ! Mais c’était surtout à partir des multitudes de notes parfumées que l’on pouvait dire que cette parfumerie était différente des grands distributeurs de cosmétiques que l’on trouvait immanquablement dans les centres commerciaux.  Si Kang Ji-Ahn était loin d’être un nez, et qu’elle devait avouer n’accorder aux parfums qu’un intérêt très modéré, une certaine base dans cette matière lui avait cependant été inculquée, d’autant plus que sa feu arrière-grand-mère paternel affirmait avec aplomb que connaître le parfum de quelqu’un, c’était entrevoir la porte de son âme… Superstitieuse, et n’ayant sans doute plus toute sa tête, ce détail avait cependant marqué l’enfance de la jeune avocate. Il ne lui restait certes plus grand chose de ses connaissances passées, mais cependant suffisamment pour pouvoir affirmer que la plupart des fragrances de la boutique n’avait pas la signature de ces parfums bon marché, et qu’ils avaient tous un caractère unique.
Pour la première fois depuis longtemps, la jeune femme aurait aimé que sa défunte aïeule soit près d’elle pour lui donner son avis.
Elle aurait certes pu demander à Baek Chin-Hae qui la guidait à travers les différents rayons, mais là manière dont ils s’étaient retrouvés tous les deux, d’une manière un peu trop semblable au moment où leurs amis respectifs leurs avaient arrangé un rendez-vous quelques années plus tôt, avait réussit à mettre la jeune avocate habituellement parfaitement maitresse d’elle même, légèrement mal à l’aise.

Mais cela ne dura pas longtemps. Kang Ji-Ahn ne su jamais si son ancien cadet s’était rendu compte de son malaise par son empathie naturelle, ou par habitude commerciale, ou parce qu’il ressentait simplement la même chose, mais l’invitation sereine à le suivre, d’un ton parfaitement naturel, dissipa son angoisse.

« Je m’en remet à vous dans ce cas. » Répéta la jeune avocate avec un charmant sourire, d’un ton beaucoup moins solennel qu’un peu plus tôt.

C’est ainsi que Maître Kang suivit l’ancien major d’un pas plus détendu qu’auparavant, sans remarquer le moins du monde l’attention que le personnel de la boutique, et même quelques clientes désœuvrés portait à leur couple. Sans avoir une silhouette sulfureuse, ni un physique de bombe, Ji-Ahn possédait une beauté simple qui suffisait à attirer l’attention, et à lui conférer une aura un peu mystérieuse, auxquels participaient également  certains de ses traits japonais. De son côté, Chin-Hae avait, au delà de sa silhouette élancée et finement musclée, et de son sourire charmant, ce petit quelque chose d’indéfinissable qui faisait qu’on ne l’oubliait jamais !

Ainsi parfaitement indifférente aux regards curieux qui suivaient leur duo, les iris obsidiennes de la jeune avocate s’arrêtèrent sur un présentoir exposant diverses crèmes et autres soins pour la peau, surmonté d’une affiche présentant une femme qu’on devinait dans la fleur de l’âge, mais qui arborait cependant une peau immaculée, et sans défauts. La jeune femme n’arriva pas à se remémorer le nom de l’égérie, qu’elle avait pourtant vu poser pour d’autres marques, mais ce n’était pas sur le visage du mannequin que les prunelles sombre de la demie japonaise s’arrêtèrent, mais sur les différents types de soin que la marque proposait. Car si le teint de porcelaine qu’elle avait hérité de sa mère, et qui témoignait de ses origines aristocratiques, faisait des envieux, la pluparts d’entre eux ignoraient à quel point elle était fragile ! S’exposer une douzaine de minutes sans la moindre protection suffisait à la faire virer au rouge, rouge qui restait visible facilement plus d’une semaine, même si elle essayait d’en atténuer la couleur. Et même en restant sous l’ombre salvatrice, la jeune femme se devait de l’hydrater et de la nettoyer très régulièrement. La jeune femme avait ainsi prit l’habitude de regarder les différentes crèmes proposées dans les magasins de cosmétiques.

Ayant légèrement ralenti par réflexe, le regard de la jeune femme s’en détacha rapidement, et reprit vivement le cours des explications de son ancien camarade. Pas assez vite cependant, car ce dernier avait eu le temps d’apercevoir l’attention qu’elle portait à ce produit, lui donnant des informations sur la marque, et lui fournissant  par la même occasion le nom du mannequin qui lui avait échappé. Remerciant son initiative d’un sourire, tout en hochant  doucement la tête au rythme de ses paroles, preuve qu’elle suivait ses explications avec soin. Et profitant de cette petite pause, la jeune femme se pencha en avant, retenant d’une main ses mèches bruns foncées, afin de lire avec plus de facilité les détails des différentes étiquettes, son regard sombre remontant pourtant, emplit d’une once de surprise mêlée de curiosité, lorsque le manager Baek évoqua le mannequin Yukimura Kaito.
Loin d’être une lectrice assidu de la presse people, auquel elle préférait largement les revues littéraires, culturelles ou politiques, le jeune femme connaissait cependant le nom du célèbre jeune homme. La secrétaire de son nouvel office en était une grande, grande fan du jeune mannequin, et Kang Ji-Ahn se souviendrait toujours des jours mémorable qui avaient suivit la sortie des rumeurs sur le triangle amoureux de son idole. La jeune femme avait passé plusieurs jours à sauter de moments de rage et de jalousie contre l’illustre inconnue que mentionnait le journal, fangirlant sur la bromance dont le magasine avait parlé dans son numéro précédent, à des crises de larmes où elle hurlait entre deux sanglots que leur Kaito les avait abandonnée… La situation avait tellement inquiétée Ji-Ahn qu’elle avait fini par donner à son assistante un jour de congé, et même si cette dernière s’était calmée, l’avocate la surprenait encore à lancer des œillades incendiaires, ou des moues de mécontentement à la photographie encadré de la célébrité qu’elle avait sur son bureau, avant de l’embrasser, tout en s’excusant. Si elle n’avait jamais rien dit, puisque son employée avait toujours eu la décence de ne pas faire ça en présence de clients, Maître Kang gardait toutefois des fans une image assez effrayante.

Ce souvenir défila en une fraction de seconde dans le regard de Kang Ji-Ahn, illuminant son regard d’une étincelle d’amusement, avant que ses prunelles obsidiennes ne suivent le doigt du brillant jeune homme qu’elle avait à côté d’elle, afin de se poser sur une nouvelle étagère. Le doux visage de la jeune femme eu à peine le temps de prendre l’expression à la fois intéressée et curieuse, parfait miroir des sentiments de sa propriétaire dans une mimique d’enfant sage qu’elle avait été presque deux décennies plus tôt, que Chin-Hae s’était déjà saisit d’un emballage couleur crème, et lui tendit avec un sourire, lui laissant à peine le temps d’étirer ses fines lèvres en un sourire de remerciement où perçait cependant une pointe de moquerie sur son compliment. L’avocate comprenait à présent, d’autant plus, le nombre de femme qu’elle avait vu lorsqu’elle était entré dans la boutique en compagnie du parfumeur. Si les femmes n’avaient pas tous les défauts qu’on leurs accordait, on devait au moins avouer qu’elle était faible face aux compliments. D’autant plus lorsqu’ils étaient faits par un bel homme.

« Vous feriez extrêmement plaisir à mon grand-père en acceptant quelques uns de nos produits offerts. »

La bouche de l’avocate s’arrondi de surprise avec spontanéité, cherchant un moyen de refuser le présent, sans pourtant trouver comment faire.

« Je… » Soufla-t-elle, complètement prise de court, avant de finalement se saisir du paquet avec hésitation, avant de s’incliner profondément, espérant ainsi cacher sa gêne.

« Merci beaucoup. Déclara la jeune femme une fois qu’elle se fut redresser, souriant pour dissimuler les dernières traces d’embarra derrière un masque serein, ne voulant cependant absolument pas passer pour une personne intéressée, ayant pour unique but de profiter un maximum des largesses, et de la gentillesse dont faisaient preuve le Président, et le jeune Monsieur Baek. Et remerciez votre grand-père de ma part également. »

Elle aurait voulu se promettre de ne plus accepter les trop généreux présents, surtout dans la mesure où elle ne savait pas comment retourner leur bonté aux membre de la famille Baek, mais son ancien camarade l’avait déjà entrainé au rayon rouges à lèvres.  Autour d’eux scintillaient à présent sous la lumière légèrement tamisée des luminaires du plafond, les couleurs nacrées et irisée du maquillage, comme autant de minuscules fleurs, sans pétales, ni parfums, toutes rivales, dont l’unique but semblait être de séduire les clientes, si leur regard avait le malheur de quitter le sentier salvateur que le rayonnage leur offrait. Un imperceptible soupire s’échappa de ses lèvres fines, emportant avec lui l’ébauche de promesse qu’elle avait imaginé, qui alla se perdre dans le champ de couleur, où le regard de l’avocate s’était déjà égarée.
En effet, la jeune femme ne soulignait que très rarement ses lèvres de nuances plus vives que celle légèrement rosé que la nature lui avait offert, de peur de créer un contraste trop brusque avec sa peau. Car en effet, si la jeune femme pouvait se targuer d’avoir bon goût en matière de vêtement, elle ne pouvait en dire autant question maquillage et cosmétique ! Et ne pouvant compter ni sur son père, et encore moins sur son grand-père –la seule idée de l’imaginer entrer, lui même, dans une boutique telle que celle-ci, pour autre chose que du parfum, et particulièrement pour du rouge à lèvre, aurait suffit à lui donner un fou rire- pour ce genre de chose, et en l’absence d’une présence maternelle pour la guider dans ce genre de domaine –et ne voulant se fier au goût de sa secrétaire, qui se serait pourtant fait un plaisir de l’aider, mais dont la vision de la mode et du style en général était totalement différente de la sienne- Kang Ji-Ahn avait décider de faire comme toujours : sobrement, et se contentait donc de mascara et d’un peu de crayon.
Elle aurait certes simplement pu demander de l’aide à une vendeuse, d’autant plus qu’avec un nom de famille tel que « Kang », la jeune femme pouvait même se permettre d’aller dans des salons de maquillage spécialisés, où toutes les employées se seraient fait un plaisir de la conseiller. Mais la prometteuse avocate qu’elle était aujourd’hui ne s’était pas encore complètement débarrassée de la timide enfant qu’elle était, parvenant simplement à faire passer les fragments qu’il en restait pour une attitude réservée, et un peu distante, si bien qu’elle n’avait jamais vraiment osé s’adresser à une vendeuse pour des conseils. Conseils que son ancien camarade lui offrait à présent avec professionnalisme, assurance et naturel, et bien qu’incapable de tout mémoriser, elle prit cependant bonne note de nombre d’indications que le jeune homme lui fournit, dans l’espoir de les réutiliser.

C’est pour toutes ces raisons, auxquelles s’ajoutait la confiance absolue et aveugle qu’elle accordait à Baek Chin-Hae, bien qu’elle aurait été la première à avouer qu’elle ne le connaissait guère –ce qui était d’ailleurs la stricte vérité-, que l’avocate autorisa qu’un sourire assorti d’un hochement de tête, le manager à relever son visage, afin d’ourler ses lèvres d’un rouge coquelicot parfaitement choisit.

Malgré le visage de son ancien camarade ainsi penché au dessus de sien, Ji-Ahn ne ressenti pas la moindre gêne, laissant docilement le professionnel colorer de ses lèvres, encore une fois parfaitement inconsciente de l’attention que leur portait la vendeuse, qui les fixait de ses grands yeux brun quelques mètres plus loin. Naïve, ou confiante selon les personnes, la nippo-coréenne était typiquement le genre de personne capable de croire n’importe quel mensonge, du moment qu'il rendait quelqu’un heureux. Et si avoir eu à côtoyer dans son ancien cabinet nombre victimes d’arnaqueur, ou de beaux parleur du même genre, lui apprenant à faire plus attention aux personnes à qui elle faisait confiance, les réactions spontanées de l’héritière Kang sont, et ont toujours été, fraiches, ouverte, et sans la moindre arrière pensée. De plus, le bon souvenir qu’elle gardait de l’unique vraie conversation qu’elle avait eu avec lu quelques années plus tôt, suffisait pour que la jeune aristocrate le considère comme une bonne personne, et qu’elle lui accorde une confiance incommensurable.

C’est donc avec naturel et élégance qu’elle se tourna vers la vendeuse qui venait d’être interpelée, la remerciant d’un discret sourire pour le miroir qu’elle lui tendait, avant de baiser ses prunelles obsidienne vers la surface réfléchissante.

Si la jeune femme avait eu un jour des raisons de douter du manager, elles se seraient évaporées immédiatement. Mais Kang Ji-Ahn n’avait aucun doute sur son ancien camarade, en particulier sur ses compétences dans ce qui devait être considéré comme son domaine,  et pourtant, elle ne pu s’empêcher d’être surprise.
C’était bel et bien son visage qui apparaissait dans la glace en face d’elle : ce fin visage ovale, dont le teint immaculé contrastait harmonieusement avec les iris, et les mèches sombre était indubitablement le sien. Mais ce n’était pas le même visage qu’elle avait entraperçu une petite vingtaine de minutes plus tôt dans la vitre poli de la  berline du fondateur d’Hana Yon. Il y avait quelque chose de différent. Une impression. Une aura. Un… L’avocate mit du temps à comprendre qu’en réalité, seules ses lèvres à présent couvertes d’un rouge brillant, avait changées.

La remarque la fit se redresser rapidement. Remerciant Oh Ha Ni de lui avoir ainsi tenu le miroir, avec l’impression de s’être regarder longtemps, bien que cela n’ait duré qu’une poignée de secondes tout au plus. Une fois de plus, elle ne savait pas comment réagir, gênée de cette générosité, à laquelle elle ne voyait comment répondre.

« Je ne sais comment vous remercier. »  Déclara-t-elle finalement, en s’inclinant de nouveau, se promettant de trouver une idée, afin de remercier le jeune homme honorablement, appréciant son compliment d’un nouveau sourire, que la couleur coquelicot de ses lèvres soulignaient avec grâce, preuve indubitable du professionnalisme du jeune monsieur Baek.


Son pas s’accordant une nouvelle fois à celui du petit fils du parfumeur, Kang Ji-Ahn suivit ce dernier en direction de la sortie, son doux regard sombre s’illuminait d’une étincelle de curiosité quand son cadet obliqua, la guidant vers l’arrière boutique. Les prunelles obsidiennes de l’avocate s’égarèrent tout d’abord sur les lieux, devant bien avouer qu’elle ne s’était jamais rendue dans l’arrière boutique d’un magasin, mais l’image qu’elle en garda fut celle d’une pièce soigneusement organisée, et méticuleusement rangée, avant de se poser sur le carton que Chin-Hae manipulait précautionneusement tandis qu’il parlait. Pleine d’une curiosité presque enfantine, la jeune avocate suivit avec attention les moindres gestes du jeune homme, comme si le simple flacon qu’il tenait entre ses doigts, dissimulait un important secret, acceptant d’un hochement de tête, tout en lui tendant le creux de son poignet, afin d’y déposer quelques gouttes du mystérieux parfum. Songeant, à tord, que Chin-Hae avait utiliser le terme de Nez pour désigner son grand-père par timidité, ses lèvres s’étirèrent brièvement avant que la jeune femme ne monte doucement son poignet vers son visage, afin d’en humer les différentes fragrances du parfum qui y avait été posé.

Une brise. Une brise de printemps.
Les paupières closes afin de laisser ses sens se dédier uniquement au parfum, cette idée était instantanément venue se loger dans l’esprit de l’avocate, dès que les notes de têtes lui était parvenue. Une douce brise rose pâle, comme un murmure de vent emportant avec lui des pétales de cerisier. Ou un battement d’aile de papillon ?
Non, pas uniquement du rose pâle, une note plus sucrée vint s’ajouter à celle fleuries qu’elle avait déjà perçut. Framboise ? En tout cas, c’était ce que subtil mélange printanier lui évoquait.

Baissant son bras parfumé, Kang Ji-Ahn cherchait ses mots, penchant lentement sa tête sur le côté, tandis que ses sourcils se fronçaient légèrement sous l’effet de sa concentration, et que les doigts de son autre main venaient effleurer ses lèvres. Tachant de trouver le moyen d’exprimer avec des mots ce qu’elle avait senti, et de rendre parfaitement hommage au travail de Chin-Hae, et de son compagnon qu’elle supposait être son grand père, en lui donnant un avis constructif… si elle le pouvait.

« Doux, subtile et féminin. Déclara finalement la jeune femme en détachant ses doigts de ses lèvres, son regard obsidienne remontant vers celui du manager, les dernières fragrances, fraiches et volatiles du parfum finissant de lui donner de l’inspiration : Je n’y connais pas grand chose, mais je pense que ce type de parfum conviendrait parfaitement à une jeune femme. »

Espérant qu’elle avait pu lui être utile, la jeune avocate le remercia de sa confiance, avant de le suivre, et de finalement quitter la boutique pour aller boire quelque chose dans un café comme le président Baek l’avait proposé plus tôt, après avoir remercier la vendeuse qui lui avait tenu le miroir un peu plus tôt d’un signe de tête et d’un sourire lorsqu’elle la reconnue avec ses collègues près de la caisse.


Quittant l’étage pour se diriger vers un niveau inférieur, tout en continuant de converser sur tous les sujets que la banalité pouvait offrir, le duo pénétra bientôt dans l’un des élégants cafés du Mall. Un serveur les introduisit rapidement dans l’atmosphère apaisante que formait tons chauds et sobres, et les lumières tamisées qui meublaient les lieux, les guidant jusqu’à une table un peu plus au fond. Leur laissant la carte afin qu’ils puissent faire leurs choix, l’employé ne revint que quelques minutes plus tard, un sourire sur les lèvres, un calepin et un stylo dans les mains.

« Madame ? Monsieur ? Vous avez fait vôtre choix ? »



Kank Ji-Ahn


Je voudrais retourner le temps,
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MessageSujet: Re: "Les yeux des autres s'illusionnent-ils ou sont-ce nos coeurs qui restent sourds et aveugles ?" [Kang Ji-Ahn / Baek Chin-Hae] Sam 30 Jan - 17:42

L’avocate – non pas du diable fort heureusement, quoi que… On n’est jamais sûr de rien – et le responsable de la parfumerie quittèrent donc la boutique afin de descendre les escalators. Ils pénétrèrent à l’intérieur du café bien connu au sein du RBP Mall mais pas forcément accessible à tout le temps. Les prix étaient en parfaite adéquation avec la qualité des produits, du service et du cadre environnant, cependant, les portes-monnaies les plus maigres, les étudiants économes ou encore les clients les plus pingres privilégiaient souvent des établissements de restauration plus bas de gamme. Ce café ne s’en portait pas mal pour autant. Au contraire même, il faisait partie des plus connus de tout le centre commercial.

Les deux jeunes gens prirent donc place à l’intérieur, guidé par un employé jusqu’à une table avant de leur tendre la carte des boissons. Alors que le serveur attendait de prendre leur commande, Baek Chin-Hae eut à peine le temps d’ouvrir la bouche afin de laisser l’honneur aux dames que justement une sympathique cinquantenaire se présenta à leur table.

« Oh ! Mais c’est le jeune Monsieur Baek ! » s’exclama-t-elle toute ravie à la vue de ce client bien connu, habitué du rituel du café matinal.

La femme fit signe au serveur aller prendre la commande d’une autre table et qu’elle s’occuperait personnellement de celle-ci. La cinquantenaire n’était autre que la patronne du ce petit café au standing de très bon goût. Sans être un établissement huppé, le café se hissait néanmoins au-dessus des standards. Les Baek, que ce soit le grand-père, la tante ou le petit-fils étaient devenus des clients accoutumés. Depuis qu’il travaillait au sein du RBP Mall, Chin-Hae était assurément le plus régulier des trois. Il venait presque chaque matin déguster un café, juste avant que le grand centre commercial n’ouvre ses portes.

« C’est rare de vous voir ici à cette heure-ci ! » continua la propriétaire du café, chaleureuse.

Elle se tourna ensuite vers Kang Ji-Ahn qu’elle salua d’un hochement de tête, toujours aussi souriante et une lueur de curiosité dans les yeux.

« Qui est cette très charmante jeune femme ? Serait-ce votre fiancée ? »

Chin-Hae échappa un petit rire nerveux, mais la femme ne lui laissa pas le temps de corriger, interrogeant Ji-Ahn sur sa commande. Inutile de demander au jeune homme, elle savait par coeur comment il buvait son café. Aussitôt après, Madame Cha s’en repartait vers le comptoir où elle ne manqua pas d’échanger quelques messes basses avec une jeune serveuse adolescente qu’elle chargea de préparer les boissons chaudes.

À nouveau seuls tous les deux durant quelques minutes, Baek Chin-Hae rit légèrement de manière quelque peu nerveuse avant d’essayer de détendre l’atmosphère.

« Je suis désolé, c’est vraiment embarrassant, n’est-ce pas ? »

Il souriait néanmoins. Il assura que les propriétaires et employés de ce café étaient des gens tout à fait sympathiques et conviviaux. Madame Cha ne tarda d’ailleurs pas à revenir, déposant sur leur table, deux parts de tartes au citron qu’ils n’avaient pas commandés.

« Tenez, c’est un cadeau de la maison ! J’espère que cela vous plaira, s’adressa-t-elle ensuite tout particulièrement avant de se retourner à nouveau vers Chin-Hae. Votre fiancée est vraiment très jolie ! »

Le jeune homme toussa légèrement puis tint à rétablir la vérité cette fois-ci.

« Madame Cha, je vous présente Maitre Kang Ji-Ahn…
– Oh ! Vous êtes avocate ?
– Oui, elle l’est, et notre relation n’est que d’ordre strictement professionnel, »
mit-il poliment et doucement les choses au clair.

Une lueur de déception passa sur le visage de la tenancière qui s’efforça néanmoins à garder le sourire. Elle s’excusa pour son impolitesse et prit congé. En chemin, Madame Cha croisa l’adolescente apportant le tableau avec les tasses de café. Elle glissa alors à cette dernière qu’elle restait néanmoins persuadée qu’il y avait anguille sous roche.

« Voici votre commande, annonça l’adolescente d’une voix mélodieuse en déposant le plateau puis une tasse devant chacun. Je vous prie d’excuser ma mère, elle ne peut pas s’empêcher de parler. »

L’adolescente qui s’avérait donc n’être autre que la fille de Madame Cha échangea quelques paroles avec Chin-Hae qu’elle connaissait assez bien également, glissant par la même occasion une petite question sur le frère de ce dernier. Cha Seol l’avait aperçu une fois par le passé, et il semblerait que la jeune lycéenne n’ait pas été insensible à son charme. Il faut reconnaitre que des trois frères, le cadet était physiquement le plus avantagé, du moins de visage. Par contre, son caractère n’était pas commun non plus !

« Enfin, vous savez Maitre Kang, comme ma mère dit : Il vaut mieux un bon mari qu’un bel amant ! 
– Merci, Seol ! » l’interrompit Chin-Hae lui signifiant de ne plus en jeter et qu’elle pouvait le laisser à présent.

L’adolescente s’inclina légèrement puis s’exécuta. À nouveau seuls, et cette-ci fois espérons le pour un peu plus longtemps, le jeune homme se racla la gorge.

« Mon grand-père et ses idées ! plaisanta-t-il. Enfin ! soupira-t-il avec bonne humeur. J’avoue ne pas être mécontent de profiter d’un petit moment pour m’échapper de la boutique ! La période des fêtes est vraiment fatiguant et stressante. »

Il se tut quelques instants, laissant à son interlocutrice l’occasion d’apprécier les premières gorgées de sa boisson. Il but lui-même une gorgée de son café corsé et bien noir.

« Je crois que nous avons jamais eu véritablement l’occasion de discuter depuis que nous avons quitté la Young-Nae University. Vous avez donc décidé de vous installer dans un cabinet indépendant ? Je trouve cela très courageux de votre part, mais à vrai dire, ça ne m’étonne pas tant que ça. Qu’est-ce qui vous a décidé à sauter le pas ? »
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MessageSujet: Re: "Les yeux des autres s'illusionnent-ils ou sont-ce nos coeurs qui restent sourds et aveugles ?" [Kang Ji-Ahn / Baek Chin-Hae] Mer 10 Fév - 21:31

Si Kang Ji-Ah était loin d’être une habitée du grand RBP Mall, et de ses restaurants, fuyant les foules, non pas comme certains membres de la haute société, par mépris et dégout, mais simplement par malaise et manque d’habitude, elle connaissait cependant l’enseigne du café dans lequel ils étaient entrés. L’atmosphère feutrée et chaleureuse lui avait parfois servi de refuge pendant les périodes d’affluences, comme lors des fêtes, ou d’importants achats, tels que divers cadeaux, ou d’autres fournitures, l’avaient forcée à rejoindre les allées lumineuses, mais embouteillées en cette saisons du grand centre commercial. En toutes saison d’ailleurs : seules les femmes de ménages devaient avoir l’occasion de voir ces fameuses allées complètement désertes. De plus, la douce odeur de café et de chocolat qui enveloppait les arrivants dès leurs premiers pas dans la boutique était pour la jeune avocate bien plus agréable que les fumets de nourriture ou de friture qui planait souvent dans les fast-foods. Ce souvenir suffit à faire fleurir un léger sourire sur les lèvres de la jeune femme alors qu’elle s’asseyait avec délicatesse et élégance sur sa chaise, laissant glisser son sac à main le long de son bras pour le déposer sans bruit sur le sol.

Une fois qu’ils furent tous deux assit, la jeune femme ouvrit le menu que le serveur leur avait laissé un peu plus tôt, et laissa son regard obsidienne balayer lentement la liste des propositions qu’offrait l’établissement, du simple café, jusqu’à des mélanges plus exotiques ou uniques, qui semblaient être, d’après les indications, les créations du Batista que l’on entrapercevait derrière le comptoir. Hélas pour la demoiselle, si elle appréciait l’odeur chaleureuse et profonde du café, Ji-Ahn restait fidèle au goût traditionnel des asiatiques pour les différents thés.

Ayant finalement arrêté sont choix sur un thé blanc au jasmin, la jeune avocate eu juste le temps de relever la tête pour voir une femme d’une cinquantaine d’année, au sourire sympathique et aux yeux intelligents, s’avancer vers leur table en congédiant le serveur qui s’apprêtait à prendre leur commande d’un geste, pour saluer chaleureusement le jeune monsieur Baek. Ce dernier semblait être un habitué bien connu des lieux, comme le ton un peu moins solennel, et plus ouvert de la patronne le laissait deviner.
Saluant à son tour la propriétaire d’un léger salut accompagné d’un charmant sourire, Kang Ji-Ahn, tout comme Baek Chin-Hae, n’était cependant pas du tout préparée à la question qui suivit.

« Qui est cette très charmante jeune femme ? Serait-ce votre fiancée ? »

Habituée à ce que l’on cherche à la déstabilisée, et à ne pas devoir montrer ses sentiments, la jeune aristocrate réussit à ne pas avoir l’air de tomber complètement des nues à cette question, mais son visage fin était cependant loin de refléter une expression parfaitement détachée. Ses iris obsidienne légèrement agrandit de surprise, et sa bouche entrouverte en un « o » de stupéfaction et d’étonnement. Cette proposition était tellement invraisemblable à leurs yeux, que la jeune femme répondit machinalement à Madame Cha, sans même penser à démentir son affirmation.

« Un thé blanc au jasmin. » Déclara la jeune femme, encore trop surprise pour accorder un sourire à ses mots.

Le rire nerveux de son compagnon la fit redescendre sur terre, et son rire cristallin, tout aussi fébrile se joignit au sien, dans l’espoir un brin illusoire de dissiper ainsi le malaise qui s’installait entre eux. Après tout, ce n’était pas la première fois qu’on les mettait ensembles… Ji-Ahn tenta de rationnaliser sa gêne, et d’étirer ses lèvres en un sourire serein, sentant que ses pommettes n’avaient plus la même teinte immaculé qu’à l’ordinaire, mais qu’elles commençait à tendre vers une teinte bien plus écarlate, à l’image de son rouge à lèvre. Il lui suffisait de voir ça de la même manière que la fois où leurs amis respectifs les avaient organisé un rendez-vous quelques années plus tôt… une méprise, simple blague !
Ayant ainsi presque réussi à se débarrasser totalement de son malaise, la nippo-coréenne sourit avec plus de naturel, et émit une hypothèse tout en indiquant d’un geste discret le costume bleu marine de Chn-Hae, et son tailleur de la même couleurs.

« Je suppose que c’est parce que nous sommes assortis. »Proposa-t-elle, en pensant au articles coordonnés que portaient nombre de couples, plus pour meubler la conversation pour ne pas que ne s’installe un silence gênant que par véritable volonté de trouver la raison de cette méprise.

Heureusement, Madame Cha revint bientôt vers leur table, portant dans ses mains deux parts d’appétissante tarte au citron. À la vue de ce présent que la patrone posa sur leur table, les lèvres de la jeune femme s’étirèrent en un sourire ravi, presque enfantin, qui valait tous les mercis du monde. Il serait sans doute resté un peu plus longtemps sur son visage, mais il se transforma rapidement en une mimique plus gênée à la suite de ses paroles... En soit, être prise pour la fiancée de Chin-Hae ne posait aucun soucis à la jeune avocate, bien au contraire, pouvoir être considérée comme une personne digne de ce brillant jeune homme était gratifiant, surtout que l’intelligence n’était pas sa seule qualité ! Cependant, l’insistance que tous semblait mettre à la formation de leur soit disant couple mettait la jeune femme assez mal à l’aise, d’autant plus qu’elle ne pouvait pas vraiment affirmer que cette méprise n’était pas un désagrément pour le jeune manager. Ils n’étaient pas assez proches pour qu’elle sache si il avait quelqu’un, et si tel était le cas, Ji-Ahn pouvait aisément comprendre que la situation lui déplaise au plus haut point.

Elle fut ainsi soulagée quand son compagnon avoua finalement à la patronne que leur relation était uniquement d’ordre professionnel. L’appuyant d’un sourire d’excuse, l’expression de la jeune femme se fit rapidement plus chaleureuse, écartant ainsi rapidement les excuses de la propriétaire.

Cette dernière s’éloigna finalement, remplacée par une adolescente, visiblement la fille de Madame Cha, qui semblait bien connaître l’ancien major de Young-Nae University, et qui leur apporta leurs boissons. Mais si la magistrate pensait que l’explication honnête du petit fils du président Baek suffirait à dissiper pour un moment les méprises, elle fut rapidement détrompée par les paroles de Seol.

« Enfin, vous savez Maitre Kang, comme ma mère dit : Il vaut mieux un bon mari qu’un bel amant ! »

Cependant, elle ne parvint même pas à être surprise, elle ébaucha un léger sourire, et répondit, avec une nuance presque moqueuse dans la voix : « Je n’en doute pas. », avant qu’elle se s’en aille, poussée par les paroles du manager, qui ne manquèrent pas de tirer un sourire amusée à l’avocate.

« J’imagine. Acquiesça l’avocate avec sympathie, heureuse d’une certaine manière que sa profession ne soit pas ainsi soumise au calendrier. J’ai cru comprendre que vous avez été vraiment compétent ces dernières semaines, j’espère que vous pourrez vous reposer un peu avant la nouvelle année. » continua-t-elle avec plus de sincérité que de politesse.

Tournant sa tasse sur sa coupelle, afin de saisir l’anse entre les doigts de sa main droite, Ji-Ahn monta la coupe à ses lèvres, et laissa glisser une gorgée du liquide chaud et parfumé entre ses lèvres, savourant autant le parfum du jasmin, que le goût du thé blanc, de très bonne qualité soit dit en passant. Son compagnon fit de même avec son café, avant de relancer la conversation.

Prenant le temps de réfléchir, afin de répondre correctement, l’héritière de la famille Kang prit le temps de reposer délicatement sa tasse sur sa coupelle, de s’adosser légèrement à sa chaise. Son index venant à nouveau frôler ses lèvres quelques secondes durant, l’un de ses tics qu’elle avait depuis quelques années lorsqu’elle réfléchissait.

« Je crois que j’avais depuis longtemps envie de faire quelque chose de plus polyvalent dans le métier d'avocat, afin de ne pas travailler uniquement avec des sociétés, mais aussi avec, ou pour des personnes… Elle fit une légère pause, et sourit légèrement en penchant la tête sur le côté. Bien que l'on soit amené à rencontrer de nombreux types de personnes au court de différentes plaidoiries, je dois avouer que depuis déjà un moment, je m’intéresse de plus en plus au droits sociaux, ce qui n’était pas du tout dans le domaine du cabinet dans lequel je travaillais auparavant. Ainsi, je pense qu’ouvrir mon propre cabinet me permettra de pouvoir partager plus librement mon temps, et surtout de faire quelque chose plus en adéquation avec ma vision sans doute un peu utopiste du métier d’avocat. » Conclu-t-elle finalement, en fixant Chin-Hae de ses yeux obsidienne avec sincérité, avant de prendre conscience de la trop grande franchise dont elle avait fait preuve, comme souvent quand elle parlait de ses projets.

« Excusez ma spontanéité, s’excusa-t-elle, en baissant le regard, légèrement embarrassée de cette bévue, j’ai tendance à me laisser aller quand j’en parle… »

Ne sachant pas vraiment comment relancer la conversation, Ji-Ahn but une nouvelle gorgée de thé, et, comme inspirée par le parfum du jasmin, son regard sombre se releva vers celui du manager.

« J-Je me demandais si vous aviez créé d’autres parfums avec votre… votre associé ? demanda-finalement la jeune femme, remplaçant au dernier moment le « grand père », peut être un peu familier, mais surtout indiscret à ses yeux dans la mesure où le jeune homme n’avait pas précisé son identité. Ses lèvres s’étirèrent en un sourire doux et spontanée : Avez vous hérité du nez du Président ? »

Oh, douces et naïves habitudes enfantines qui la reprenait déjà, décidément, notre chère avocate se laissait bien trop porter à la confiance que lui inspirait Chin-Hae.



Kank Ji-Ahn


Je voudrais retourner le temps,
Que le Passé soit Présent,
Tout simplement être une enfant...
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"Les yeux des autres s'illusionnent-ils ou sont-ce nos coeurs qui restent sourds et aveugles ?" [Kang Ji-Ahn / Baek Chin-Hae]

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